C’est bientôt le jour de l’An, et j’ai parfois l’impression de revivre une scène de Bridget Jones, carnet ouvert devant moi.
Poids : 64,80 kg.
Livres lus : 7
Vêtements réalisés : cinq, plus l’écharpe que j’ai tricotée.
Longtemps, ce genre de bilan m’a pesé. Aujourd’hui, je ne l’attends pas vraiment, mais j’apprécie de prendre ce temps pour le faire. Parce que ce n’a pas toujours été le cas. Avec les années, j’ai appris à regarder le verre à moitié plein, à déplacer légèrement le point de vue, et parfois, cela change tout.
Être perfectionniste est une qualité, sans doute. Mais c’est aussi un piège : celui de n’être jamais pleinement satisfait. On se persuade toujours que l’on aurait pu mieux faire, ou que l’on n’en a pas fait assez. Alors un jour, presque par nécessité, je me suis imposée cet exercice. Écrire. Lister. Mettre noir sur blanc.
Et ma liste n’était pas si mauvaise. Bien au contraire. Elle révélait quantité de choses que je n’avais jamais vraiment vues, simplement parce que je ne m’étais jamais arrêtée pour les regarder.
Finalement, ce bilan fait du bien. Il n’est sans doute pas meilleur que celui des autres, mais il est juste. Il raconte ce que j’ai fait de mieux, ce que je pourrai encore améliorer, ce que j’ai appris en chemin, et ce que je peux choisir de changer.
J’ai appliqué le même regard aux soucis, aux galères, à ces problèmes dont je me sentais envahie. J’avais l’impression qu’ils occupaient toute la place, comme si ma vie ne se résumait plus qu’à cela. J’étais dans un brouillard si dense que tout semblait sombre. Et pourtant, à mesure que j’écrivais, quelque chose s’est éclairci : tout n’était pas noir. Mes émotions avaient brouillé mon raisonnement.
Il y avait aussi ce manque de confiance en moi. Et là encore, le bilan a joué son rôle. En faisant l’inventaire, on ouvre les yeux sur ses capacités. On mesure ce que l’on tient debout. On renforce, doucement, l’estime de soi.
C’est à ce moment-là que j’ai décidé de schématiser.
De faire mon jardin.
J’ai tout nettoyé : les mauvaises herbes, les encombrants, les arbres qui cachaient la vue, les buissons épineux , ceux qui blessent, les rosiers malades. J’ai fait du tri. J’ai gardé l’essentiel.
J’ai choisi de planter les fleurs que j’aimais vraiment. De conserver celles qui me tenaient à cœur. De faire pousser des arbres qui me ressemblaient, pas ceux que l’on m’impose.
J’ai aussi fait des choix douloureux. Retirer de beaux roseaux, que j’adorais pourtant, mais qui m’écorchaient un peu chaque jour.
Puis je me suis fixée des objectifs, saison après saison. Ajouter des fleurs qui sentent bon. Des fruits doux et sucrés. Des légumes tendres et savoureux. Et, pourquoi pas, un arbre de plus, pour me protéger des aléas du temps.
Parce que j’ai la chance d’avoir des fils formidables, qui me poussent chaque jour à devenir une meilleure version de moi-même. Et même si je fais des erreurs, j’essaie d’apprendre, d’être forte, de devenir une jardinière plus attentive encore.
Pour que, demain, à leur tour, ils fassent de leur vie un jardin magnifique. Un jardin qu’ils aimeront, qu’ils respecteront, et qui, je l’espère, rendra le monde un peu plus beau pour ceux qui les entourent
« Puisse ce bilan offrir, à qui en a besoin, un peu de douceur et de réconfort pour l’année à venir. »
Pour 2026, je vous souhaite avant tout de la douceur.
De la douceur pour traverser les jours trop pleins, pour apaiser les nuits agitées, pour vous accorder le droit de ralentir quand il le faut.
Je vous souhaite de la force, mais une force calme, celle qui ne fait pas de bruit et qui n’exige pas de se sacrifier.
Je vous souhaite de croire à nouveau en ce qui vous fait vibrer, de créer à votre rythme, et de ne jamais oublier que vous méritez autant d’attention que vous en donnez aux autres.
Que 2026 vous enveloppe de respect, de tendresse et d’élans sincères.
